Étudier à l'étranger : Erasmus+, hors-UE, alternatives (le guide 2026)

Erasmus+, universités hors-UE, écoles d'été, master international : le panorama complet des voies pour étudier à l'étranger, avec les montants réels des bourses (jusqu'à 700 €/mois en 2026), les démarches et les alternatives pour ceux qui ne passent pas par Erasmus.

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Hélène Diep
9 min de lecture
Étudier à l'étranger : Erasmus+, hors-UE, alternatives (le guide 2026)

Partir étudier à l'étranger pendant ses études supérieures n'est plus un luxe réservé à une élite. Le programme Erasmus+ permet chaque année à près de 100 000 étudiants français de partir étudier ou effectuer un stage en Europe, avec une bourse qui peut atteindre jusqu'à 700 € par mois selon le pays de destination (source : agence Erasmus+ France).

Mais Erasmus n'est pas la seule voie. Des accords bilatéraux permettent de partir au Canada, aux États-Unis, en Australie ou en Asie avec des dispositifs de co-financement. Des bourses régionales ajoutent jusqu'à 4 000 € pour certaines destinations. Les Masters Erasmus Mundus offrent une voie prestigieuse avec frais de scolarité pris en charge. Et pour ceux qui ne passent pas par un programme officiel, il existe encore des solutions : écoles d'été, universités low-cost, année de césure.

Cet article pose le panorama complet des voies réelles, avec les chiffres à jour et les démarches concrètes pour construire son projet.

Erasmus+ : le programme principal (33 pays)

Qui peut partir

Tous les étudiants inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur français participant au programme. Cela couvre : BTS, BUT, licences, masters, doctorats, écoles d'ingénieurs, écoles de commerce, IFSI, écoles d'art. La quasi-totalité des universités et de nombreux établissements privés sont partenaires (source : agence Erasmus+ France).

Les étudiants en alternance peuvent aussi partir, à condition que le projet soit validé par l'entreprise d'accueil et l'établissement.

Les 33 pays du programme en 2026

Les 27 pays de l'UE : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède.

Les 6 pays associés : Islande, Liechtenstein, Macedoine du Nord, Norvège, Serbie, Turquie.

Des mobilités vers des pays tiers (hors programme) sont possibles dans le cadre de partenariats spécifiques, mais avec un financement plus limité.

Durée possible

  • Pour des études : 2 à 12 mois par cycle (licence, master, doctorat).

  • Pour un stage : 2 à 12 mois, y compris l'année suivant l'obtention du diplôme.

  • Mobilités hybrides : 5 à 30 jours en présentiel, complétées par du distanciel.

Maximum total : 12 mois par cycle d'études. Possibilité de cumuler une mobilité d'études et un stage dans la limite de 12 mois total.

Les montants de la bourse Erasmus+ en 2026

Les pays de destination sont répartis en 3 groupes selon le coût de la vie. Montants mensuels indicatifs (source : agence Erasmus+ France) :

Groupe 1 — coût de la vie élevé : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Irlande, Islande, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Suède. Entre 500 et 700 €/mois.

Groupe 2 — coût de la vie moyen : Chypre, Espagne, Estonie, Grèce, Lettonie, Lituanie, Malte, Portugal, République tchèque, Slovénie, Slovaquie. Entre 400 et 600 €/mois.

Groupe 3 — coût de la vie bas : Bulgarie, Croatie, Hongrie, Macédoine du Nord, Pologne, Roumanie, Serbie, Turquie. Entre 300 et 500 €/mois.

Cas particuliers :

  • Étudiants inscrits en Outre-mer : 786 €/mois quel que soit le type de mobilité.

  • Complement stage : +150 €/mois automatiquement ajouté pour toute mobilité de stage.

  • Complement mobilité verte : supplément transport si voyage en train (estimation sur le site Erasmus by Train).

Les compléments pour les « moins d'opportunités »

Les étudiants en situation spécifique (handicap, boursier sur critères sociaux, zone géographique isolée) peuvent recevoir jusqu'à 250 €/mois supplémentaires au titre du soutien à l'inclusion et à la diversité.

L'Aide à la Mobilité Internationale (AMI) : un cumul intéressant

L'AMI est une aide du Ministère de l'Enseignement supérieur cumulable avec Erasmus+ et la bourse CROUS. Elle est réservée aux étudiants boursiers sur critères sociaux (échelons 0 bis à 7) qui effectuent un séjour à l'étranger dans le cadre de leur cursus.

Montant : 400 € par mois pendant la durée du séjour (de 2 à 9 mois selon le cas).

Conditions : être boursier sur critères sociaux, séjour d'au moins 2 mois, projet validé par l'établissement d'origine.

Démarche : demande à faire auprès du service des relations internationales de ton établissement (pas du CROUS directement).

La bourse CROUS continue pendant la mobilité

Point crucial : les étudiants boursiers CROUS continuent de percevoir leur bourse pendant toute la durée de leur mobilité à l'étranger, sans interruption et au même montant qu'en France.

Il faut simplement prévenir le CROUS de départ en mobilité internationale et transmettre les justificatifs (attestation de séjour, certificat de scolarité de l'établissement d'accueil).

Selon ta situation, tu peux donc cumuler : bourse CROUS + Erasmus+ + AMI + éventuelles aides régionales. Dans certains cas, c'est jusqu'à 1 400 €/mois d'aides cumulées pour des séjours dans les pays les plus chers.

Les aides régionales : un complément méconnu

La quasi-totalité des régions françaises proposent des aides à la mobilité internationale, parfois cumulables avec Erasmus+ et l'AMI. Quelques exemples (à vérifier sur le site de ta région) :

  • Île-de-France : Aide à la Mobilité Internationale des Étudiants (AMIE) jusqu'à 4 000 € pour les étudiants franciliens en Master, sous conditions de ressources.

  • Occitanie : programme « Mobilité Internationale Étudiante » jusqu'à 300 €/mois.

  • Nouvelle-Aquitaine : bourses variables selon durée et destination.

  • Normandie : dispositif P@ss Monde pour les étudiants normands (vérifier les critères actualisés).

Chaque région a ses propres critères (résidence, type de formation, ressources, destination). Se renseigner auprès du service des relations internationales de son établissement qui connaît les dispositifs applicables.

Hors-UE : les autres voies pour partir

Partir hors-UE est plus complexe mais tout à fait possible. Les principales voies :

BCI (Bureau de Coopération Interuniversitaire) — Québec

Partenariat entre universités françaises et québécoises qui permet d'étudier un semestre ou une année au Québec tout en payant les frais de scolarité français. Destination très demandée (Montréal, Québec City). Démarches via le service des relations internationales de son université.

MICEFA (États-Unis)

Réseau d'universités partenaires (Paris-USA) qui permet aux étudiants de l'enseignement supérieur français d'étudier un semestre ou une année dans une université américaine partenaire, sans payer les tuition fees américains (très élevés).

Accords bilatéraux universitaires

Chaque université a ses propres partenariats avec des universités hors-UE (Asie, Amérique latine, Australie, etc.). La qualité et la quantité varient selon les établissements. Vérifier avant de choisir une université française si elle a des partenariats internationaux dans la zone géographique qui t'intéresse.

Erasmus Mundus (Masters internationaux)

Masters internationaux d'excellence regroupant au moins 3 établissements de 3 pays différents (dont 2 parmi les 33 pays Erasmus+). Bourse pouvant couvrir les frais de scolarité, le voyage et l'hébergement — dispositif très sélectif mais extrêmement avantageux pour les candidats retenus. Candidature au niveau européen, souvent un an à l'avance.

Bourses du Ministère des Affaires Étrangères

Pour certaines destinations et certains profils (étudiants pré-sélectionnés par leur établissement), des bourses du MEAE peuvent être accordées. Critères restrictifs, démarche par l'établissement.

Programmes des écoles françaises à l'étranger

École française de Rome, Casa Velázquez à Madrid, École française d'Athènes : des séjours courts de recherche pour doctorants dans des domaines spécifiques.

Les alternatives pour ceux qui ne passent pas par un programme officiel

Écoles d'été et programmes courts (Summer Schools)

Beaucoup d'universités européennes et internationales proposent des programmes d'été de 2 à 8 semaines. Sujet spécialisé (droit international, intelligence artificielle, littérature, etc.), cours en anglais, certificat à la fin. Coût : souvent 1 500 à 5 000 € selon la durée et l'université. Certaines bourses existent (Fulbright, programmes universitaires).

Année de césure / gap year

Possibilité de suspendre ses études un semestre ou un an pour partir à l'étranger. L'établissement doit valider la césure. Dispositif officiellement reconnu par le Code de l'éducation depuis 2015. Utilisé souvent pour : travailler (Working Holiday Visa en Australie, Canada, Japon), volontariat international (VSI, SVE), apprentissage linguistique intensif.

Étudier directement à l'étranger (sans passer par une école française)

Inscription directe dans une université étrangère. Option fréquente pour :

  • Les universités belges francophones (Bruxelles, Louvain) avec frais modestes.

  • Les universités néerlandaises et allemandes avec enseignements en anglais et frais limités.

  • Le Québec (hors BCI) pour certaines filières non couvertes.

  • Les pays d'Europe de l'Est (République tchèque, Hongrie, Pologne) avec des cursus en anglais à bas prix.

À vérifier absolument : la reconnaissance du diplôme étranger en France via le centre ENIC-NARIC France (officiel).

Universités à bas frais de scolarité dans l'UE

L'Allemagne, l'Autriche, les pays nordiques (avec nuances), la France, l'Italie et l'Espagne ont des universités publiques aux frais de scolarité très modérés (souvent moins de 500 €/an pour les étudiants de l'UE). Option très attractive pour un cursus complet, notamment en master.

Les démarches : quand et comment s'y prendre

12 mois avant le départ

  • Identifier le service des relations internationales de son établissement et prendre un rendez-vous.

  • Lister les universités partenaires dans les pays qui t'intéressent.

  • Vérifier les conditions de candidature (notes, niveau de langue, lettres de motivation).

  • Commencer la préparation des tests de langue si nécessaire (TOEFL, IELTS, DELE, TestDaF).

6-9 mois avant le départ

  • Déposer la candidature auprès de l'établissement d'origine.

  • Rédiger lettre de motivation, CV, dossier académique.

  • Prévoir les justificatifs (notes, certificats de langue, projet pédagogique).

3-6 mois avant le départ

  • Réception de la réponse de l'établissement d'accueil.

  • Demandes de logement (CROUS local, résidences universitaires, ESN, coloc).

  • Démarches administratives : visa (pour hors-UE), carte européenne d'assurance maladie, mutuelle, assurance civile, vaccinations si nécessaire.

  • Signature du contrat pédagogique (Learning Agreement pour Erasmus+).

1-3 mois avant le départ

  • Réservation du transport.

  • Ouverture d'un compte bancaire international si besoin.

  • Prévenir le CROUS du départ (pour maintenir la bourse sur critères sociaux).

  • Confirmation du logement.

Ce qu'il faut anticiper (au-delà des démarches)

Le niveau de langue. Pour un séjour d'études, un niveau B2 est généralement demandé. B1 peut suffire dans certains pays (Italie, Espagne, Allemagne). Un test de niveau est souvent exigé (TOEFL/IELTS pour l'anglais, DELE pour l'espagnol, etc.).

Le coût réel du séjour. Erasmus+ et l'AMI couvrent une partie seulement des coûts. Prévoir un budget total :

  • Logement : 350-800 €/mois selon la ville.

  • Vie courante : 300-500 €/mois.

  • Voyage : variable (train, avion, covoiturage).

  • Frais de scolarité : généralement gratuits en Erasmus+ (pris en charge par accord inter-universitaire).

Budget total réaliste pour un semestre : entre 4 000 et 8 000 € selon le pays et le mode de vie. Les bourses cumulées peuvent couvrir 50 à 80 % du coût.

Le choix stratégique. Pas tous les séjours se valent. Un semestre dans une université européenne peu connue peut être valorisant sur le plan personnel mais moins sur le CV. Un semestre dans une université reconnue (LSE, Bocconi, Uppsala, etc.) peut être un atout majeur. Arbitrer selon ses objectifs : expérience culturelle vs. valorisation professionnelle.


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Questions fréquentes

Quel est le montant de la bourse Erasmus+ en 2026 ?

Le montant varie selon le pays de destination et le type de mobilité. En 2026, la fourchette est comprise entre 300 € et 700 € par mois (source : agence Erasmus+ France). Pays du groupe 1 (Allemagne, Irlande, Italie, pays nordiques) : 500-700 €/mois. Groupe 2 (Espagne, Portugal, Grèce) : 400-600 €/mois. Groupe 3 (Pologne, Hongrie, Roumanie) : 300-500 €/mois. Complément automatique de +150 €/mois pour les stages. Étudiants d'Outre-mer : 786 €/mois. Étudiants avec moins d'opportunités : jusqu'à +250 €/mois supplémentaires.

Peut-on cumuler la bourse Erasmus avec la bourse CROUS ?

Oui, et c'est même recommandé. La bourse CROUS continue à être versée pendant toute la mobilité à l'étranger, au même montant qu'en France. Il faut simplement prévenir le CROUS du départ et fournir les justificatifs (attestation de séjour, certificat de scolarité de l'établissement d'accueil). Les étudiants boursiers peuvent également demander l'Aide à la Mobilité Internationale (AMI) de 400 €/mois et certaines aides régionales, toutes cumulables avec Erasmus+ et la bourse CROUS.

Combien de temps peut-on partir avec Erasmus+ ?

La durée est de 2 à 12 mois maximum par cycle d'études (licence, master, doctorat). On peut partir une fois en licence, une fois en master et une fois en doctorat, dans la limite de 12 mois total par cycle. Les mobilités peuvent combiner études et stage. Des mobilités courtes hybrides de 5 à 30 jours (combinées avec du distanciel) sont aussi possibles. Les stages post-diplôme sont éligibles dans l'année suivant l'obtention du diplôme.

Peut-on partir étudier hors de l'Union européenne ?

Oui, plusieurs voies existent. Le programme Erasmus+ couvre 33 pays (27 UE + Islande, Liechtenstein, Macédoine du Nord, Norvège, Serbie, Turquie). Pour les autres destinations, il existe : les accords bilatéraux de chaque université (Asie, Amérique latine, Australie), le BCI pour le Québec, le MICEFA pour les États-Unis, les Masters Erasmus Mundus internationaux (très sélectifs mais bourses très avantageuses), les bourses du Ministère des Affaires Étrangères pour certains profils. Vérifier systématiquement auprès du service des relations internationales de son établissement.

Quand faut-il commencer à préparer son départ à l'étranger ?

Idéalement 12 mois avant le départ. Les étapes clés : 12 mois avant, identifier les destinations et préparer les tests de langue ; 6-9 mois avant, déposer le dossier auprès du service des relations internationales ; 3-6 mois avant, recevoir la réponse, faire les démarches administratives (visa, logement, assurances) ; 1-3 mois avant, finaliser la logistique. Pour un départ en septembre 2027, commencer les démarches dès septembre 2026.

Quel niveau de langue faut-il pour partir étudier à l'étranger ?

Généralement un niveau B2 (utilisateur indépendant avancé) est demandé pour un semestre d'études. Un niveau B1 peut suffire dans certains pays (Italie, Espagne, Allemagne pour les cursus non-scientifiques). Les tests reconnus sont le TOEFL et l'IELTS pour l'anglais, le DELE pour l'espagnol, le TestDaF pour l'allemand, le CILS pour l'italien. Certaines universités acceptent aussi le certificat de l'université d'origine. À prévoir 3-6 mois en amont pour la préparation et le passage du test.

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